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Le point sur la "RT 2005"
« La RT 2005 : un petit pas dans le bon sens, mais il est possible d'avancer plus vite »

Les bâtiments, résidentiels ou non, sont à eux seuls responsables de 25 % des diffusions de CO2 dans l'atmosphère. La RT 2005 vise à diminuer l'émission des gaz à effet de serre : le point sur cette réglementation avec Olivier Gaujard, ingénieur bois.

Bois.com Que représente pour vous la RT 2005 ?

Olivier Gaujard Je vais citer Marie-Christine Roger du Ministère délégué au logement et à la ville : "Cette réglementation représente des valeurs planchers et non un objectif à atteindre". Pour compléter, je dirais également qu'il s'agit d'un garde-fou, que c'est une règlementation contraignante, mais dont les objectifs sont pour le moment assez bas pour que chacun puisse les atteindre, en attendant les prochaines réglementations thermiques.

Bois.com Comment se déroule le passage de la RT 2000 à la RT 2005 ?

O.G. L'adaptation s'effectue progressivement. Et en parallèle de cette réglementation, on peut aussi s'appuyer sur le projet Effinergie, qui prend pour exemple le standard suisse Minergie. Effinergie propose une vision transversale et fixe des objectifs plus globaux et non des spécifications de détails.

Avec le bois il est très facile d'atteindre les prescriptions de la RT 2005.

Bois.com On utilise justement beaucoup de bois en Suisse, mais aussi en Allemangne dans les constructions ?

O.G. Oui ! Et à juste titre d'ailleurs. Avec le bois il est très facile d'atteindre les prescriptions de la RT 2005, sous réserve d'une exécution correcte en termes d'étanchéité à l'air.
Le bois est tout d'abord un matériau isolant, environ 10 fois meilleur que le béton dans ce domaine. Ensuite, les ponts thermiques sont négligeables dans les constructions en bois. Enfin, l'isolant peut se placer à l'intérieur de l'ossature, mais également en couches rapportées avant les parements intérieurs, ou extérieurs comme le bardage, en fonction des besoins.

Bois.com Quels peuvent être ces besoins ?

O.G. Il y a en France une très grande diversité géographique et les problèmes thermiques sont différents dans les Alpes, en Normandie ou dans le Midi. Il faut donc ajuster la réponse thermique aux différentes typologies de climat. Mais ce n'est pas tout, la performance est recherchée dépend également de l'usage des locaux. Elle sera différente s'il s'agit de logements, d'écoles ou de bureaux.
Bois.com Comment procédez-vous pour prendre en compte tous ces paramètres ?

O.G. Avec un peu d'ingéniosité on arrive facilement à attendre les prescriptions de la RT 2005 et même à aller au-delà. Il faut poser le problème dans sa globalité et hiérarchiser les paramètres climatiques, thermiques, acoustiques, architecturaux, économiques... Il faut jouer avec les matériaux, car le bois s'associe facilement avec la pierre, le métal et le verre, pour trouver une solution satisfaisante à une problématique spécifique.

En ce qui concerne la thermique, on redécouvre des techniques d'autrefois.

Bois.com
Il s'agit donc uniquement d'une question de thermique ?

O.G. Pas seulement, nous prenons également en compte l'hygrométrie qui est une composante essentielle du confort intérieur et de la qualité de l'air. Le bois permet notamment de construire des parois dites perspirantes, qui permettent à la vapeur d'eau formée à l'intérieur d'être évacuée à l'extérieur.

En revanche, en ce qui concerne la thermique, on redécouvre des techniques d'autrefois, oubliées jusqu'à aujourd'hui. Par exemple, la végétalisation de murs qui, en été, protège la maison du soleil grâce à un feuillage caduque, n'est ni plus ni moins que l'adaptation des murs de lierre jadis très présents.


Bois.com Autrement dit, le naturel revient au galop ?

O.G. En quelque sorte. C'est un peu le top de la technologie. Je pense que l'on revient à plus d'humilité et que l'on utilise de plus en plus ce que nous offre la nature. Il faut s'adapter aux exigences et aux modes de vies en gardant le positif des techniques traditionnelles et en améliorant les produits technologiques plus récents. On sait par exemple qu'en végétalisant 40 % des toitures d'une ville comme Ottawa, la température globale de la ville baisse de 2 ° environ.

Le réchauffement de la planète est une réalité et nous n'avons plus le choix, il faut prendre en compte cette certitude au quotidien. La RT 2005 représente un petit pas dans cette direction, mais rien n'empêche ceux qui le peuvent ou simplement le veulent d'avancer plus vite.

 

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